Les 6 principales causes du turnover :
- Organisation du travail inefficace ou déséquilibrée
- Management inadapté ou insuffisamment formé
- Manque de perspectives d’évolution professionnelle
- Rémunération perçue comme non compétitive
- Conditions de travail dégradées (charge, stress, ambiance)
- Facteurs individuels et contextuels externes
Pour bâtir une stratégie de fidélisation efficace : analysez vos données RH, menez des entretiens de départ systématiques, croisez les sources qualitatives et quantitatives, puis priorisez vos actions selon leur impact réel sur l’engagement de vos collaborateurs.
Le turnover en entreprise n’est jamais un simple phénomène statistique. Derrière chaque départ se cache une histoire, un motif, parfois plusieurs, qui auraient pu être anticipés. Analyser les causes du turnover n’est pas qu’un exercice de diagnostic : c’est le point de départ indispensable pour construire une stratégie de fidélisation qui tienne la route. Sans cette compréhension fine des raisons qui poussent vos collaborateurs à partir, vous naviguez à vue, en multipliant des actions RH déconnectées de la réalité terrain. À l’inverse, identifier précisément ce qui dysfonctionne vous permet de cibler vos efforts, d’allouer vos ressources intelligemment, et surtout, de passer d’une posture réactive à une véritable stratégie de rétention durable. Dans un contexte où attirer et garder les talents devient un enjeu stratégique majeur, comprendre pourquoi vos équipes s’en vont est la première marche vers une organisation plus stable, plus performante, et plus attractive.
Sommaire
- Les principales causes du turnover en entreprise
- Comment analyser les causes du turnover dans votre organisation ?
- Construire une stratégie RH de fidélisation efficace à partir des causes identifiées
- Mesurer l’impact : indicateurs et pilotage continu
- Passer d’une gestion réactive à une stratégie de rétention durable
Les principales causes du turnover en entreprise
Le départ d’un collaborateur résulte rarement d’une seule raison. C’est souvent un faisceau de facteurs, accumulés dans le temps, qui finit par faire basculer la décision. Identifier ces causes permet de sortir des idées reçues et d’agir sur les véritables leviers de fidélisation des salariés.
1. Une organisation du travail inefficace ou déséquilibrée
Quand les processus sont flous, les rôles mal définis ou les objectifs changeants, la frustration s’installe. Une mauvaise répartition de la charge, des outils inadaptés, ou un manque de clarté sur les priorités génèrent du stress et un sentiment d’inefficacité. Les collaborateurs qui ont l’impression de travailler dans le brouillard finissent par chercher un environnement plus structuré ailleurs.
2. Un management inadapté ou insuffisamment formé
On ne le répétera jamais assez : on ne quitte pas une entreprise, on quitte un manager. Un manager peu à l’écoute, absent, autoritaire ou au contraire trop laxiste, crée un climat délétère. Le manque de reconnaissance, l’absence de feedbacks constructifs, ou des pratiques de management dépassées érodent progressivement l’engagement des salariés. Former vos managers aux compétences relationnelles et au leadership est un investissement majeur pour limiter la réduction du turnover.
3. Un manque de perspectives d’évolution professionnelle
Rester coincé au même poste, sans visibilité sur un parcours d’évolution, est l’une des premières causes de démission. Les collaborateurs veulent se projeter, développer leurs compétences, progresser. Quand ils ne voient aucune opportunité de mobilité interne, de montée en responsabilité ou de formation, ils vont naturellement chercher ces perspectives ailleurs. La stagnation professionnelle est un puissant moteur de départ.
4. Une rémunération perçue comme non compétitive
Si le salaire n’est pas toujours la cause première d’un départ, il devient rapidement un facteur déclencheur quand il est perçu comme injuste ou en décalage avec le marché. Une politique de rémunération floue, des écarts inexpliqués entre collègues, ou un gel prolongé des augmentations envoient un signal négatif fort. Les collaborateurs comparent, s’informent, et partent si l’écart devient trop important avec ce qu’ils pourraient obtenir ailleurs.
5. Des conditions de travail dégradées (charge, stress, ambiance)
Une surcharge de travail chronique, un niveau de stress élevé, des tensions dans l’équipe ou un environnement physique inconfortable pèsent lourdement sur le bien-être. Ces éléments, souvent regroupés sous le terme de qualité de vie et des conditions de travail, impactent directement la santé et la motivation. Quand la QVCT et fidélisation ne sont pas prises au sérieux, les départs s’accélèrent, surtout chez les profils les plus sollicités.
6. Des facteurs individuels et contextuels externes (marché, mobilité, aspirations personnelles)
Tous les départs ne sont pas liés à un dysfonctionnement interne. La situation du marché de l’emploi, les aspirations personnelles (reconversion, équilibre vie pro/vie perso, envie de changement), ou des contraintes géographiques jouent également un rôle. Ces causes externes sont plus difficiles à maîtriser, mais les comprendre permet de ne pas surinterpréter certains départs et de concentrer vos efforts sur ce qui relève vraiment de votre responsabilité.
Comment analyser les causes du turnover dans votre organisation ?
Connaître les grandes catégories de causes, c’est un début. Mais pour construire une stratégie RH de fidélisation réellement efficace, il faut plonger dans votre propre réalité. Cela passe par plusieurs étapes concrètes.
Commencez par exploiter vos données existantes : entretiens de départ, questionnaires de satisfaction, feedbacks informels. Ces sources contiennent souvent des indices précieux, à condition de les analyser de manière structurée. Identifiez les récurrences, les profils de postes ou de départements les plus touchés, les périodes critiques.
Mettez en place des entretiens de départ systématiques et bien menés. Posez des questions ouvertes, créez un climat de confiance pour recueillir des réponses honnêtes. Un collaborateur qui part est souvent plus libre de parler. C’est une mine d’informations si vous savez écouter sans vous mettre sur la défensive.
Complétez cette approche par des enquêtes auprès des collaborateurs encore en poste. Sonder régulièrement leur niveau de satisfaction, leurs attentes, leurs frustrations permet d’anticiper les risques de départ. C’est la prévention du turnover en action : agir avant que la décision de partir ne soit prise.
Croisez ces données qualitatives avec vos indicateurs RH : taux de turnover par service, par ancienneté, par catégorie de poste. Cette analyse quantitative révèle des patterns et vous aide à prioriser vos actions en fonction de l’urgence et de l’impact.
| Source d’analyse | Type de données | Ce qu’elle révèle |
|---|---|---|
| Entretiens de départ | Qualitative | Motifs précis de départ, perceptions individuelles |
| Enquêtes de satisfaction | Quali-quantitative | Niveau d’engagement, signaux faibles avant le départ |
| Indicateurs RH (taux, ancienneté) | Quantitative | Tendances, zones à risque, évolution dans le temps |
| Feedbacks managers | Qualitative | Climat d’équipe, problématiques terrain, dynamiques managériales |
Construire une stratégie RH de fidélisation efficace à partir des causes identifiées
Une fois les causes du turnover clairement identifiées dans votre organisation, place à l’action. Mais attention : toutes les actions ne se valent pas. Une stratégie efficace repose sur une approche structurée, cohérente et progressive.
1. Prioriser les actions selon l’impact sur l’engagement
Vous ne pouvez pas tout traiter en même temps. Identifiez les causes qui génèrent le plus de départs ou qui touchent vos profils clés. Si le management inadapté ressort comme un problème majeur, investissez en priorité dans la formation de vos managers. Si c’est le manque de perspectives d’évolution qui prédomine, travaillez sur la mobilité interne et les parcours professionnels. Prioriser, c’est maximiser l’impact de vos efforts avec les ressources dont vous disposez.
2. Aligner management, QVCT et organisation
Les causes du turnover sont souvent interconnectées. Un bon manager ne peut pas compenser une organisation du travail chaotique. Une politique de rémunération généreuse ne retiendra pas quelqu’un dans une ambiance toxique. Votre stratégie doit donc être globale et cohérente. Alignez vos actions RH, vos pratiques managériales, et votre organisation pour créer un tout cohérent. C’est cet alignement qui transforme des initiatives isolées en une véritable stratégie de rétention des talents.
3. Mettre en place des actions rapides et des actions structurelles
Distinguez les quick wins des chantiers de fond. Certaines actions peuvent être déployées rapidement et montrent à vos équipes que vous agissez : améliorer la communication interne, lancer un programme de reconnaissance, ajuster certaines pratiques managériales. D’autres demandent du temps : refondre une organisation, revoir la grille salariale, construire un véritable plan de développement des compétences. L’idéal est de combiner les deux : des résultats visibles rapidement pour restaurer la confiance, et des transformations profondes pour ancrer durablement la rétention.
Mesurer l’impact : indicateurs et pilotage continu
Mettre en place des actions, c’est bien. Mesurer leur efficacité, c’est indispensable. Le pilotage RH repose sur des indicateurs clairs, suivis dans la durée, qui vous permettent d’ajuster votre stratégie en temps réel.
Suivez évidemment le taux de turnover global, mais aussi par service, par ancienneté, par catégorie de poste. Un turnover qui baisse globalement mais qui explose dans une équipe précise doit vous alerter. Mesurez également le taux de rétention après un an, deux ans, pour détecter les périodes critiques.
Allez plus loin en suivant des indicateurs d’engagement : participation aux enquêtes, taux d’absentéisme, utilisation des dispositifs de formation, feedbacks managers. Ces signaux faibles sont souvent annonciateurs d’un départ avant même que la démission ne soit posée.
Enfin, évaluez la qualité de vos process : délai de réponse aux demandes de mobilité interne, taux de participation aux entretiens annuels, satisfaction sur les actions mises en place. Le pilotage RH, c’est cette capacité à regarder en permanence ce qui fonctionne, ce qui coince, et ajuster en conséquence.
Passer d’une gestion réactive à une stratégie de rétention durable
Trop d’entreprises gèrent le turnover en mode pompier : on réagit quand quelqu’un part, on tente de le retenir à la dernière minute, on recrute en urgence pour le remplacer. Cette approche est coûteuse, épuisante, et inefficace sur le long terme. Comprendre les causes du turnover vous permet de changer de paradigme.
Une stratégie de rétention durable repose sur l’anticipation. Plutôt que de réagir aux départs, vous créez les conditions pour que vos collaborateurs aient envie de rester. Vous investissez dans le développement de vos managers, vous clarifiez vos parcours d’évolution, vous ajustez vos pratiques de rémunération, vous améliorez vos conditions de travail. Vous construisez un environnement où la fidélisation devient naturelle, parce que l’entreprise répond réellement aux attentes de ses équipes.
Ce changement de posture demande du temps, de l’engagement, et une vision à moyen terme. Mais les bénéfices sont massifs : baisse des coûts de recrutement, préservation des compétences clés, amélioration de la performance collective, renforcement de votre marque employeur. Connaître les causes du turnover, ce n’est pas juste un diagnostic. C’est le levier qui transforme votre gestion RH en un véritable atout stratégique.
Pourquoi le turnover augmente-t-il et comment en identifier les causes réelles pour mieux fidéliser vos talents ?
Le turnover augmente souvent parce que quelque chose se dérègle dans l’organisation : management, charge de travail, rémunération, manque de perspectives… En analysant ces causes de façon structurée (entretiens, données RH, feedbacks), vous identifiez rapidement les leviers à activer pour fidéliser durablement vos talents.
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Marine, HRBP chez La Recrue
« Je créé du contenu RH pensé pour les dirigeants qui veulent professionnaiser leur pratique RH. »


