Illustration de la transparence salariale en 2026

Transparence salariale 2026 : nouvelles obligations pour les entreprises

Imaginez un candidat qui découvre, après plusieurs semaines de process de recrutement, que la rémunération proposée est bien en deçà de ce que touchent ses futurs collègues pour un poste équivalent. Frustrant pour lui. Risqué pour vous. C’est exactement le type de situation que la directive européenne sur la transparence des salaires entend éviter. Adoptée en mai 2023, elle va profondément modifier les pratiques RH de toutes les entreprises, dès 2026. Voici ce que vous devez savoir et surtout, ce que vous devez commencer à faire dès maintenant.

En bref : La directive européenne (UE) 2023/970 sur la transparence des salaires doit être transposée en droit français avant le 7 juin 2026. Elle concerne toutes les entreprises, dès le premier salarié, et impose de nouvelles obligations concrètes : affichage d’une fourchette salariale dans les offres d’emploi, droit d’information renforcé pour les collaborateurs, reporting des écarts de rémunération entre femmes et hommes, et interdiction de demander l’historique salarial d’un candidat. Anticiper, c’est éviter les sanctions et transformer cette obligation en levier d’attractivité.

Qu’est-ce que la transparence salariale ?

La transparence salariale désigne l’ensemble des pratiques et obligations qui permettent de rendre la politique de rémunération d’une entreprise plus lisible, accessible et justifiable, aussi bien pour les candidats que pour les collaborateurs en poste.

Concrètement, cela touche à plusieurs dimensions : l’affichage de fourchettes salariales dans les offres d’emploi, la communication interne sur les critères objectifs qui déterminent les salaires (compétences, responsabilités, expérience, conditions de travail), et le droit pour chaque collaborateur de savoir si sa rémunération est cohérente avec celle de ses collègues occupant un poste de même valeur.

L’objectif central de la directive européenne est de réduire les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Mais au-delà de l’égalité professionnelle, c’est toute la structuration RH qui est interrogée : disposez-vous d’une grille salariale solide ? Vos managers peuvent-ils justifier leurs décisions d’augmentation ? Vos offres d’emploi reflètent-elles fidèlement ce que vous proposez vraiment ?

Ce ne sont plus des questions optionnelles. Elles vont devenir des obligations légales.

Transparence salariale 2026 : quand entre-t-elle en vigueur ?

La directive européenne sur la transparence des salaires a été publiée au Journal officiel de l’Union européenne le 17 mai 2023. Depuis, chaque État membre dispose d’un délai de trois ans pour la transposer dans son droit national.

La date limite est fixée au 7 juin 2026. En France, un projet de loi de transposition était attendu à l’automne 2025 pour discussion au parlement. À ce stade, la loi française n’a pas encore été promulguée, mais l’échéance approche.

Cela ne signifie pas qu’il faut attendre. Construire une politique de rémunération structurée, auditer ses pratiques existantes, former ses managers : tout cela prend du temps. Les entreprises qui commencent maintenant éviteront la précipitation et les erreurs qui vont avec.

À noter : l’index égalité professionnelle femmes/hommes dans sa version actuelle reste obligatoire pour les entreprises d’au moins 50 salariés, avec une publication attendue fin février 2026. Une refonte de cet index est prévue à partir de 2027 dans le cadre de la future loi de transposition.

Quelles entreprises sont concernées par la directive européenne ?

C’est l’une des premières questions que se posent les dirigeants : est-ce que cela me concerne vraiment ? La réponse est claire : oui, dès le premier salarié.

La directive (UE) 2023/970 ne prévoit pas de seuil d’effectif pour la plupart de ses obligations. Que vous ayez 5, 50 ou 500 collaborateurs, vous serez concerné par des obligations telles que l’affichage d’une fourchette salariale dans vos offres d’emploi ou le droit d’information des salariés sur les critères de rémunération.

En revanche, les obligations de reporting sur les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes s’appliqueront à partir de 100 salariés. La loi française de transposition pourrait toutefois abaisser ce seuil à 50 salariés, dans le prolongement des obligations actuelles liées à l’index égalité professionnelle.

Pour les groupes ayant des filiales dans plusieurs pays européens, chaque entité sera soumise aux règles définies par la loi de transposition de son pays. Il n’y a pas d’harmonisation parfaite à ce stade : chaque État membre adapte la directive à son contexte juridique national.

Vous pouvez également consulter notre article sur la transparence salariale dans les entreprises de moins de 100 salariés.

Quelles sont les nouvelles obligations pour les employeurs ?

La directive introduit des obligations concrètes qui vont modifier vos pratiques RH dès le recrutement et tout au long de la relation de travail. Voici les principales :

  • Afficher une fourchette de salaire dans les offres d’emploi. La mention « rémunération selon profil » ne sera plus acceptable. Vous devrez indiquer un montant ou une fourchette réaliste dès la publication de l’annonce — ni trop vague, ni trop large, sous peine de décrédibiliser votre démarche.
  • Ne plus demander l’historique salarial du candidat. La fixation du salaire devra reposer sur les fonctions et responsabilités du poste, pas sur ce que gagnait le candidat chez son ancien employeur.
  • Informer les collaborateurs sur les critères de rémunération. Chaque salarié aura le droit de connaître les critères objectifs qui déterminent son salaire et sa progression. L’employeur devra rappeler ce droit chaque année et répondre aux demandes d’information dans un délai de deux mois maximum.
  • Permettre aux salariés de divulguer leur salaire. Il ne sera plus possible d’interdire à un collaborateur de parler de sa rémunération à ses collègues ou à des tiers.
  • Justifier les écarts de rémunération. Si un écart moyen supérieur ou égal à 5 % est constaté entre les femmes et les hommes pour des postes de même valeur, l’employeur devra le justifier par des critères objectifs ou y remédier dans les six mois. À défaut, une évaluation conjointe avec le CSE sera obligatoire.
  • Mettre en place un reporting sur les écarts salariaux. Les entreprises d’au moins 100 salariés devront publier des données sur les écarts de rémunération entre les sexes, ventilées par catégorie de postes — et intégrant les rémunérations variables, pas seulement les salaires fixes.

Ces obligations impliquent de disposer d’une grille salariale structurée, de critères de classification des postes documentés, et de managers formés à justifier leurs décisions. Ce n’est pas un chantier qu’on improvise en quelques semaines.

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Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?

La directive demande expressément aux États membres de prévoir des sanctions dissuasives dans leur loi de transposition. Les contours exacts des amendes françaises ne sont pas encore définis, mais la directive précise qu’elles pourront être calculées en fonction du chiffre d’affaires annuel ou de la masse salariale de l’entreprise.

Des sanctions renforcées sont également prévues en cas de violations répétées du principe d’égalité de rémunération. Ce n’est pas une simple case à cocher : les manquements pourront avoir des conséquences financières significatives.

Au-delà du risque légal, il y a aussi un risque de réputation à ne pas sous-estimer. Dans un marché du travail où les candidats sont de plus en plus attentifs à l’équité et à la transparence des pratiques RH, une entreprise prise en défaut sur ces sujets peut rapidement voir son attractivité employeur se dégrader.

D’ailleurs, selon une étude Hellowork menée auprès de 1 724 candidats en 2022, 87 % des candidats attendent une indication de salaire dès la lecture d’une annonce. La transparence n’est pas seulement une contrainte réglementaire : c’est déjà une attente forte du marché.

Transparence salariale en France : ce qui change par rapport aux règles actuelles

Aujourd’hui, le droit français n’impose pas d’obligation générale de transparence salariale. Les employeurs doivent respecter le principe « à travail égal, salaire égal » et l’interdiction des discriminations. Les entreprises d’au moins 50 salariés ont également l’obligation de calculer et publier leur index égalité professionnelle chaque année.

La directive européenne va considérablement élargir ce cadre. Voici les principaux changements à anticiper :

  • Le passage d’une obligation de résultat (ne pas discriminer) à une obligation de transparence proactive (informer, documenter, publier)
  • L’extension des droits des salariés : ils pourront non seulement connaître leur propre rémunération, mais aussi la rémunération moyenne des collaborateurs occupant des postes de même valeur, ventilée par sexe
  • Une définition plus large du « travail de même valeur » : deux intitulés de poste différents pourront être considérés comme équivalents si leurs niveaux de compétences, d’effort, de responsabilité et de conditions de travail sont comparables
  • Une refonte de l’index égalité professionnelle à partir de 2027, avec des indicateurs plus exigeants : écarts médians, rémunérations variables incluses, répartition par quartile de salaire et automatisation du calcul via la DSN

En résumé : là où le droit actuel vous demandait de ne pas discriminer, la directive vous demande désormais de pouvoir le prouver — avec des données, des critères documentés et des processus transparents. C’est un changement de posture profond, qui nécessite une mise à plat de vos pratiques RH bien avant l’échéance de juin 2026.



 

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Léonie, Chargée de projet RH chez La Recrue

« Je vulgarise des contenus RH pour les rendre simples et accessibles à tous. »

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